F H I C A

Fraternite des Hommes, Immaculée Conception des Abymes

12
nov 2017

Comme je l’écrivais dans le dernier article, un des participants de la Fraternité a soulevé cette question épineuse déplorant le fait que certaines personnes se rendaient à l’église presque en spectateur. Selon moi – et j’insiste bien, cela n’engage que moi - les deux ont droit de cité à l’église. Le croyant fidèle persuadé de ses convictions religieuses se rend à l’église pour vivre sa foi et la partager à un maximum de personnes autour de lui. Une personne en recherche de sa foi sur le chemin de la vérité viendra à l’église pour essayer d’y trouver des réponses, à ses doutes peut être, ou tout simplement pour apprendre et rejoindre le premier groupe, et je me placerais plutôt dans cette démarche actuelle avant de devenir un bon pratiquant capable de mesurer et comprendre le sens de chaque rituel composant la messe.

Pour moi ceux qui participent et ceux qui assistent ont,  l’un comme l’autre, leur place dans l’église,

Par contre …. et je m’appuie en cela sur ce que j’ai personnellement constaté en ce dimanche 12 Novembre à l’église du bourg, je trouve choquant et vraiment irrespectueux ceux qui se rendent au culte sans pouvoir se passer de leur téléphone. Une heure trente de messe pendant lesquelles les occupants du banc devant moi n’ont cessé de pianoter sur leur téléphone … SMS pour les adultes, jeux pour les enfants, se levant tout juste et délaissant pour quelques minutes cet outil de communication pour la Prière Universelle. Je parle de manque de respect pour les fidèles (pratiquant ou assistant) mais je devrais plutôt parler de manque d’éducation, un peu en phase avec le texte de Mme Coco Reine et Catherine Gappa dans le carnet dominical, page 14 sur « L’éducation dan la famille »

« L’éducation comporte la tâche de promouvoir des libertés responsables. Même si les parents ont besoin de l’école pour assurer une instruction de base à leurs enfants, ils ne peuvent jamais déléguer complètement leur formation morale. Le développement effectif et moral d’une personne exige une expérience fondamentale : croire que ses parents sont dignes de confiance » 

Ces personnes en question ne participent pas, n’assistent même pas, mais font tout juste acte de présence … et je comprendrais en fin de messe leur motivation principale … aller récupérer une signature pour leurs enfants prouvant qu’ils étaient présents ce jour du 12 Novembre !!

Certains parents devraient être eux-mêmes éduqués au même titre que leurs enfants !!

Serait il souhaitable par exemple qu’avant le début de chaque messe, l’on rappelle et demande à tous de fermer les portables, ce qui devrait être un geste naturel pour tous ? Je sais qu’en métropole, certains lieux de cultes (temples et églises) se sont dotés de brouilleur de fréquence …. j’ai même vu dans une église d’une commune de l’Isère l’affichette suivante :

En entrant dans ce lieu,

Dieu t’appelle et t’interpelle,

Mais il ne te téléphonera jamais,

Tu peux éteindre ton portable !

Patrice le 12 Novembre 2017, 14h00

8
nov 2017

En appui d’une question évoquée lors de la réunion du 7 Novembre dernier, je vous propose un article de l’Abbé Hugues de MONTJOYE – Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

Patrice le 8 Novembre 2017

Assister ou participer à la messe ?

Ce sujet est toujours délicat, mais il mérite qu’on s’y penche de temps à autres, tant la liturgie, et spécialement la messe, a une place importante dans notre vie spirituelle. Il réveille encore des souvenirs douloureux, voire des plaies encore ouvertes, et souvent des inquiétudes chez certains qui trouvent dans la liturgie traditionnelle un havre de paix, de recueillement, de silence sacré ? propice à la méditation des divins mystères.
La meilleure méthode pour entrer dans la liturgie est d’écouter la voix de l’Eglise, dépositaire de ce trésor, et chargée de nous enseigner, de nous sanctifier et de nous guider (ce qui se réalise entre autre dans et par la liturgie).
L’Eglise nous enseigne d’abord que seul le prêtre agissant in Persona Christi consacre le Corps et le Sang du Christ et l’offre en tant que Tête du Corps Mystique. Cela, les rites sacrés le manifestent bien, en particulier par les prières réservées au célébrant, spécialement celles du canon, mais aussi par l’orientation du prêtre et des fidèles vers l’Orient pour toute la partie proprement sacrificielle, exprimant bien que le prêtre représente le Christ-Tête, médiateur entre Dieu et l’humanité.
Mais l’Eglise enseigne aussi, et il n’y a nulle contradiction en cela, que les fidèles, revêtus du caractère baptismal, offrent aussi, à leur manière, le sacrifice rédempteur renouvelé sur les autels. Dirent qu’ils l’offrent à un autre titre et d’une autre manière que le prêtre ne supprime pas la réalité de leur offrande. Ainsi, ils ne sont nullement des assistants, au sens où ils se contenteraient de contempler passivement le sacrifice dans lequel ils n’interviendraient que pour le recevoir.
Cette notion de participation active des fidèles n’est pas nouvelle, même si elle a été particulièrement mise en valeur par le mouvement liturgique depuis le début du XX° siècle, et surtout depuis Pie XII dans les textes du Magistère lui-même, à commencer par cette charte incontournable en la matière, l’encyclique « Mediator Dei » (20 novembre 1947), première encyclique d’un Pape consacrée à la liturgie. Citons-en quelques passages éclairants :
   « Il est donc nécessaire, Vénérables Frères, que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer au
sacrifice eucharistique, et cela, non d’une manière passive et négligente et en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre, selon la parole de l’Apôtre :  » Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ-Jésus  » (Ph II, 5) offrant avec lui et par lui, se sanctifiant en lui ». (Mediator Dei n°56)
«(…) Ces vérités sont de foi certaine ; les fidèles cependant offrent, eux aussi la divine Victime, mais d’une manière différente ».(n°59)
 « Les rites et les prières du sacrifice eucharistique n’expriment et ne manifestent pas moins clairement que l’oblation de la victime est faite par les prêtres en même temps que par le peuple. Non seulement, en effet, après l’offrande du pain et du vin, le ministre du sacrifice, tourné vers le peuple, dit expressément :  » Priez, mes frères, pour que mon sacrifice qui est aussi le vôtre, trouve accès près de Dieu, le Père tout-puissant  » (Missale Rom., Ordo Missae), mais en outre, les prières
par lesquelles la divine hostie est offerte à Dieu sont formulées, la plupart du temps, au pluriel, et il y est plus d’une fois indiqué que le peuple, lui aussi, prend part à cet auguste sacrifice en tant qu’il l’offre. On y trouve ceci, par exemple :  » Pour lesquels nous t’offrons, ou qui t’offrent… Nous vous prions donc, Seigneur, d’accueillir d’un cœur apaisé cette offrande de vos serviteurs et de toute votre famille… Nous, vos serviteurs, ainsi que votre peuple saint, nous offrons à votre glorieuse Majesté ce que vous-même nous avez donné et nous donnez, l’hostie pure, l’hostie sainte, l’hostie immaculée  » (Ibid., Canon Missae). (n°61)
 « Pour ne pas faire naître en cette matière très importante d’erreurs pernicieuses, il faut préciser avec exactitude le sens du mot  » offrir « . L’immolation non sanglante par le moyen de laquelle, après les paroles de la consécration, le Christ est rendu présent sur l’autel en état de victime, est accomplie par le seul prêtre en tant qu’il représente la personne du Christ, non en tant qu’il représente la personne des fidèles. Mais par le fait que le prêtre pose la divine victime sur l’autel, il la présente à Dieu le Père en tant qu’offrande, pour la gloire de la très sainte Trinité et le bien de toute l’Église. Or, cette oblation au sens restreint, les chrétiens y prennent part à leur manière et d’une double façon, non seulement parce qu’ils offrent le sacrifice par les mains du prêtre, mais aussi parce qu’ils l’offrent avec lui en quelque sorte, et cette participation fait que l’offrande du peuple se rattache au culte liturgique lui-même ».(n°64)
 « Ceux-là, par conséquent, sont dignes de louanges qui, en vue de rendre plus facile et plus fructueuse pour le peuple chrétien la participation au sacrifice eucharistique, s’efforcent opportunément de mettre entre les mains du peuple le Missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l’Église ; ceux-là méritent des louanges qui s’efforcent de faire de la liturgie une action sainte même extérieurement, à laquelle prennent réellement part tous les assistants, ce qui peut se réaliser de diverses manières : quand, par exemple, tout le peuple, selon les règles rituelles ou bien répond d’une façon bien réglée aux paroles du prêtre, ou se livre à des chants en rapport avec les différentes parties du sacrifice, ou bien fait l’un et l’autre, ou enfin lorsque dans les messes solennelles il répond aux prières des ministres de Jésus-Christ et s’associe au chant liturgique. » (n°73)
 Une instruction de la Sacrée Congrégation des Rites sur la musique sacrée et la liturgie du 3 septembre1958 poursuit dans le même sens, en dénonçant les abus et en maintenant les principes :
 « La nature de la messe demande que tous les assistants y participent selon la façon qui leur est propre.
a) Cette participation doit avant tout être intérieure, entretenue par une pieuse attention de l’âme et des affections du cœur, de façon à ce que les fidèles »s’unissent étroitement au Souverain Prêtre…offrant (le Sacrifice) avec lui et par lui, se sacrifiant avec lui »(Mediator Dei.)
b) La participation des fidèles est plus complète si, à l’attention intérieure s’ajoute la participation extérieure, manifestée par des actes extérieurs comme la position du corps (à genoux, debout, assis), les gestes rituels, et surtout les réponses, les prières et les chants. » (n°22)
«(…)Le but principal de cette participation [est] un culte rendu à Dieu plus parfait et l’édification des fidèles » (n°23)
 « La première façon dont les fidèles peuvent participer à la messe lue, c’est que tous, de leur propre chef, apportent une participation soit intérieure, en prêtant une pieuse attention aux principales parties de la messe, soit extérieure, selon les différentes coutumes régionales approuvées » (n°29)
 « Le second mode de participation, c’est que les fidèles participent au sacrifice eucharistique en récitant des prières communes et en chantant en commun.( n°30)
 « Le troisième mode enfin, et le plus parfait, c’est que les fidèles répondent liturgiquement au prêtre « dialoguant » en quelque sorte avec lui, et disant d’une voix claire les parties qui leur sont propres. » (n°31)
 « Aux messes lues, tout le Pater Noster, qui est l’antique prière adaptée à la Communion, peut-être récité par les fidèles en même temps que le célébrant, et tous ajoutent Amen » (n°32)  (notons au passage que ce texte est de 1958)
 « Aux messes lues, les fidèles peuvent chanter des cantiques, en veillants cependant à ce qu’ils correspondent à chaque partie de la messe. »(n°33)
Toutes ces orientations ont été reprises dans la Constitution « Sacrosanctum Concilium » (4 décembre 1963) du Concile Vatican II On y lit notamment : « La Mère Eglise désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même, et qui est, en vertu de son baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien (…) Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu’on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est, en effet, la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien ; et c’est pourquoi elle doit être recherchée avec ardeur par les pasteurs d’âmes, dans toute l’action pastorale, avec la pédagogie nécessaire. (n°14)
« Les pasteurs d’âmes poursuivront avec zèle et patience la formation liturgique et aussi la participation active des fidèles, intérieure et extérieure, proportionnée à leur âge, leur condition, leur genre de vie et leur degré de culture religieuse. (n°19)
« Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré.(n°30)
Les abus, les déviations nombreuses en la matière, l’équilibre tout simplement difficile à trouver ne doivent pas nous rendre méfiants vis-à-vis de ces recommandations de l’Eglise. Elle ne sont que l’application pratique de la foi de l’Eglise concernant le sacerdoce
commun des fidèles ; elles ont dictées par le mystère de la messe et le mystère de l’Eglise tout simplement.
L’Eglise n’est pas aveugle : elle sait que la participation intérieure est la plus importante, mais elle sait aussi qu’une participation extérieure peut –et doit d’une certaine manière- aider à une meilleure participation intérieure. Le but n’est pas seulement de « mieux prier », mais aussi d’avoir conscience d’offrir soi-même le sacrifice. La messe n’est pas une simple prière, une dévotion privée, elle est le culte public parfait de toute l’Eglise, Corps du Christ et Epouse du Christ.

L’Eglise est pédagogue : elle sait que tous ses enfants ne sont pas dans les mêmes dispositions intellectuelles et spirituelles et qu’ils ne sont pas tous capables de la même participation. Mais elle est chargée d’éclairer leur foi et de les guider vers une participation de plus en plus profonde au sacrifice qui nous sauve.
L’Eglise est théologienne : elle distingue toujours le sacerdoce ministériel des prêtres du sacerdoce commun des fidèles, et elle demande en conséquence que chacun remplisse rien que son rôle, mais tout son rôle. Il y a ainsi des parties réservées au prêtre, des parties communes (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Pater, Agnus) et des parties qui reviennent à l’assemblée (réponses des prières au bas de l’autel, Et cum spiritu tuo, Amen, Suscipiat, dialogue de la Préface,…) que le servant dit normalement à haute voix, mais qu’il est bon que l’assemblée dise avec lui. Des réponses hautes et claires contribuent à la dignité de la célébration, tandis qu’un vague murmure informe n’est guère digne et peu agréable à entendre. Que dirait-on d’un prêtre qui bredouillerait de façon inintelligible les parties qui sont faites pour être audibles?
Faisons donc un effort pour rendre nos cérémonies plus belles et plus dignes, en semaine comme le dimanche : que chacun fasse l’effort de venir avec un missel pour suivre les textes de la messe et répondre dignement au prêtre. Essayons de répondre au même rythme, posément ; le but n’est pas d’arriver le premier à la fin du Confiteor ou de la réponse. Que pour les parties communes, l’union des voix soit l’expression de l’union des cœurs et des âmes, en particulier pour la prière du Pater, prière par excellence de tout chrétien tourné vers le Seigneur. Le dimanche ou aux autres messes chantées, n’oublions pas de prendre un carnet de chants pour chanter. Ne nous reposons pas confortablement sur la chorale ou les quelques chanteurs qui prêtent leur voix aux muets. Nos efforts ne seront pas vains. Outre qu’ils nous introduiront dans une meilleure participation aux mystères célébrés, ils rendront une plus grande gloire à Dieu par de plus belles cérémonies et seront par conséquent missionnaires auprès des hôtes de passage qui découvrent ou redécouvrent (surtout ici à N-D de Lourdes) l’antique liturgie romaine. Travaillons toujours à défendre et à soigner et à embellir le trésor liturgique qui nous a été confié par l’Eglise. Merci aux chorales grégoriennes et polyphonique qui se donnent tant de mal pour nous aider à prier sur de la beauté. Mais nous pouvons tous contribuer à la beauté de l’ensemble par nos efforts.

    

8
nov 2017
Posté dans Archives 2017 par Patrice à 8:52 | Pas de réponses »

Source : Réflexions Fondamentales de Jacques Houle (Oct 2011)

Premier d’une série de dix articles sous la forme d’un petit voyage dans l’univers de la messe. En se laissant guider par des questions souvent posées, l’auteur propose un survol de cet incontournable de la pratique chrétienne.
Réfléchir sur le sens de la messe. Revisiter le sens des gestes, objets et aspects qui font partie de la messe.

Un héritage qui se transmet et se reçoit

Si je vais à la messe, c’est parce qu’un jour quelqu’un m’y a conduit. L’aventure a peut-être commencé quand j’étais tout petit, alors c’est qu’on m’y aura conduit par la main.

À moins que ce ne soit plus tard. J’aurai alors croisé sur ma route l’une ou l’autre de ces personnes croyantes qui, se sachant riches d’un trésor, ont voulu me le partager.

Ainsi on ne va pas seul à la messe. On sent bien qu’il y a là quelque chose d’un héritage. Et un héritage, ça se transmet, ça se reçoit.

Une transmission en forme d’accompagnement

Si je vais à la messe – si j’y vais encore –  c’est que cet héritage est maintenant bien inscrit dans mes habitudes. Mais est-ce suffisant pour en prendre la juste mesure, pour être à mon tour capable de le transmettre? Les premiers chrétiens étaient habités par ce genre de préoccupation. Ils avaient le souci de prolonger la formation des adultes qui avaient été initiés à la pratique des sacrements. Ils le faisaient au moyen d’une technique de catéchèse un peu particulière qu’on appelle « mystagogie ».

On connaît aujourd’hui des moyens pour accompagner les « petits » dans leurs apprentissages, ce qu’on appelle précisément la « pédagogie » (ça vient d’un mot grec ‘paidos’ enfants).

Même si elle est moins connue, une approche existe aussi pour accompagner les « initiés » (‘mystès’ en grec). Elle a pour objectif de peaufiner leurs premiers apprentissages. C’est la « mystagogie ». C’est un peu comme de l’éducation permanente, mais avec un objectif bien ciblé.

Réfléchir sur certains aspects, gestes ou objets qui font partie de la messe

Cette série d’articles aura donc un caractère « mystagogique ». C’est-à-dire que, partant du principe que nous sommes des habitués de la messe, de véritables ‘initiés’,  nous en relirons certains aspects, certains gestes, certains objets même pour nous les approprier davantage.

Aux premiers temps de l’Église, l’évêque rassemblait autour de lui ceux et celles qui depuis quelque temps avaient commencé à communier et vivait avec eux des « catéchèses mystagogiques ». Un peu à sa manière, nous nous poserons des questions du genre: Quand tu partages le corps du Christ, quand tu traces sur ton corps le signe de la croix, quel geste poses-tu et pourquoi, quel en est l’origine?

Réfléchir sur le sens de la messe

C’est ainsi que nous réfléchirons sur nos raisons d’aller à la messe. Nous nous demanderons s’il faut parler de messe ou d’eucharistie, ou mieux de repas du Seigneur. Puis nous chercherons à comprendre le sens et la portée des symboles en liturgie, la structure de la messe, la « présence réelle » du Christ et quelques-uns des gestes qui disent la foi. Enfin nous nous interrogerons sur ce qui vient après, quand le président d’assemblée nous dit: Allez dans la paix du Christ.

Un petit bout de voyage dans l’univers de la messe

En dix articles nous ferons ensemble un petit voyage dans l’univers de la messe espérant répondre à quelques-unes de vos questions. Peut-être aussi serez-vous mieux habilités à répondre à celles qui pourraient vous être posées parce que vous êtes de ceux et celles qui n’hésitent pas à affirmer, mais oui, je vais à la messe…!

Autour d’une table familiale

Dans les milieux conservateurs, on parle même de « la messe de toujours » donnant à penser qu’elle est toujours la même depuis les origines. C’est évidemment faire fi des leçons de l’histoire.

Au lendemain de la résurrection, quelques disciples se retrouvent pour se souvenir, pour faire mémoire du ressuscité.

S’ils demeurent des familiers de la prière juive, ils sont aussi porteurs d’une bonne nouvelle et d’une invitation à vivre un geste rituel dans le cadre d’un repas. C’est fréquent dans leur culture.

« Vous ferez cela pour faire mémoire de moi », avait précisé Jésus à ses apôtres. C’est ainsi que la pratique du « repas du Seigneur » prend tout naturellement place dans leurs habitudes de prière.

Du « repas » à la « messe » …

Le christianisme voit donc le jour autour d’une table familiale au lendemain de la résurrection. Il n’est cependant pas sans intérêt d’aller voir ce que cette table est devenue 12 siècles plus tard. On la retrouve dans un long bâtiment aux voûtes presque démesurées. Adossée au mur, cette table est devenue un autel et loge dans un sanctuaire fermé d’une haute clôture.

Que s’est-il donc passé? De toute évidence on a pris ses distances. Ce que l’architecture affirme avec éloquence traduit en fait l’écart qui s’est installé entre les chrétiens et « le Saint Sacrifice de la messe » comme on appelle alors le « repas du Seigneur ».

Écart avec Dieu aussi, car les hautes voûtes des cathédrales parlent davantage d’un tout-puissant bien haut dans les cieux et fort différent de ce Dieu de proximité et de communion dont le Christ s’était fait le prophète. Le sacré et le mystère ont lentement envahi tout l’espace.

La « messe d’alors » est à toute fin pratique, celle que l’on a connu jusqu’en 1964, au moment ou, avec Vatican II, on redécouvre la « messe des origines ».

Le retour aux origines

Commence alors la grande aventure de la restauration de la liturgie. Le mouvement avait été amorcé par Pie XII lui-même dans la foulée des recherches historiques menées un peu partout en Europe entre les deux guerres. C’est ainsi qu’il fut possible de retrouver le cœur et l’esprit de la grande tradition liturgique.

De la messe à l’eucharistie…

Quelques éléments principaux caractérisent cette restauration. Mentionnons abord le retour à une langue accessible à tous et le souci de la vérité des gestes. C’est ainsi que l’autel est redevenu une table autour de laquelle il est possible de se retrouver dans l’esprit même du repas des origines, le « repas du Seigneur ».

Même le mot « messe », faisant référence à l’Ite Missa est latin invitant à la mission et au témoignage, fait place maintenant au mot « eucharistie ». C’est pourtant un mot savant lui aussi, mais il évoque si bien la louange et l’action de grâce. Or c’est bien là le cœur de cette prière unique reçue du Christ et des toutes premières communautés croyantes rassemblées pour partager le repas du Seigneur.

La raison d’être des symboles en liturgie

Qui n’a jamais entendu dire : « Bah…, c’est symbolique »? Et tout de suite de conclure que ce n’est ni grave, ni sérieux, ni trop engageant… Mais oui, c’est symbolique! Ne dit-on pas par exemple qu’un édifice a été cédé pour la somme symbolique d’un dollar?

Voilà bien tout ce qu’il faut discréditer l’univers symbolique de la liturgie. Pourtant quand on va à la messe, mieux quand on célèbre l’eucharistie, tous les gestes posés sont symboliques. Ils en constituent l’ossature. On les appelle aussi des gestes rituels.

Mais sommes-nous conscients que le rôle des symboles n’est pas d’enjoliver, mais au contraire, de structurer et de nourrir la foi. L’univers symbolique est également celui des objets, des lieux, des espaces. À leur manière ils donnent d’entrer dans le monde de la communication comme de la communion. Et on le sent bien, le symbole est à la fois matériel et spirituel : « Une réalité concrète porteuse d’une invisible vérité ».

Réunir – Mettre ensemble – Faire le pont

Si dans le langage populaire la symbolique n’évoque rien de bien important, il en va tout autrement quand on remonte à ses origines. Le mot « symbole » lui-même vient d’un verbe grec qui veut dire mettre ensemble, réunir.

On l’emploie aussi pour désigner l’action de tresser ou pour parler de deux fleuves qui se rencontrent et se réunissent en un seul. La fonction d’un symbole est donc de réunir et de faire le pont.

En liturgie il a pour fonction de faire le pont entre le visible et l’invisible, entre l’image et la réalité. Lorsqu’un jour Dieu a désiré communiquer avec l’humanité, il d’abord parlé. Il s’est révélé dans l’histoire d’un peuple par sa Parole. Puis « quand les temps furent accomplis… » sa Parole s’est faite chair.

C’est ainsi que la Parole de Dieu et plus tard le Christ sont devenus pour nous des moyens bien concrets de communiquer avec Dieu, de communier à sa présence. C’est ainsi que le Christ devenu sacrement de Dieu, nous donnant d’accéder à Dieu. Il se prolonge dans les sacrements à la fois paroles et gestes.

Ne plus faire qu’un

Or parler de signes aussi sensibles qu’une parole ou un geste, c’est entrer dans l’univers des symboles. Ce sont eux maintenant qui donnent accès à la foi et à Dieu. À ce titre, ils sont indispensables. La fraction du pain à Emmaüs, le baptême de l’Éthiopien, l’imposition des mains pour le don de l’Esprit-Saint à Saül, appartiennent au passage de la non-foi à la foi.

Le symbole ne fait donc pas qu’évoquer une réalité de la foi, il donne d’y communier intimement comme deux fleuves se rencontrant à leur confluence ne font plus qu’un.

En ce sens, il est significatif que la tradition ait conservé précieusement la toute première synthèse de l’enseignement des Apôtres en l’appelant Symbole des Apôtres. Sa fonction est bien de réunir, de mettre ensemble tous ceux et celles qui partagent leur foi. Ainsi l’acte de croire à la manière des Apôtres, donne de communier à Dieu dans sa triple dimension de Père, de Fils et d’Esprit en même temps qu’à ses frères et soeurs. C’est bien cela un symbole.

Comme une danse bien réglée

L’eucharistie compte deux parties essentielles, deux liturgies, qui s’organisent autour de deux lieux bien précis, deux tables en fait, celle de la Parole (l’ambon) et celle du Pain (l’autel).

S’ajoutent à ces deux parties une introduction et une conclusion, ce qui nous donnent quatre temps bien précis retrouvés d’ailleurs dans toute célébration liturgique. Ces quatre temps leur donnent un rythme propre et bien caractéristique, un peu à la manière d’une danse bien réglée.

Une mise en route

Quand on se retrouve à la messe, il est important d’en avoir le schéma bien en tête. Le premier temps de la célébration est destiné à la mise en route. Chant d’ouverture, salutation, préparation pénitentielle, hymne joyeuse, autant d’éléments destinés à nous préparer le cœur à l’écoute de la Parole et à l’action de grâce.

Ce premier temps se termine par la prière du président habituellement précédée d’une pause afin de nous permettre de formuler nos propres intentions. C’est tout le sens de l’invitation : Prions le Seigneur… L’oraison ou la prière qui suit rassemble celle de l’assemblée.

L’écoute de la Parole

Le deuxième temps est celui de la Parole. En trois ans – les années A, B et C – une ingénieuse répartition des textes majeurs de la Bible permet de couvrir l’ensemble de l’histoire du salut. On entend d’abord un texte du Premier Testament prolongé par un psaume, puis tiré du Nouveau Testament, un extrait d’une lettre d’un apôtre. Une page d’évangile complète toujours la proclamation des textes tirés des Écritures. Le tout est accompagné d’un commentaire appelé homélie conduisant à la profession de foi et à la prière universelle. Cette dernière conclut la liturgie de la parole.

Louange et action de grâce

Puis vient la préparation des dons. Elle permet une pause avant de passer au troisième temps de la célébration, celui de la liturgie eucharistique. Elle s’ouvre sur une louange qui d’entrée de jeu donne le ton : Vraiment il est juste et bon… C’est la Préface. Comme celle que l’on trouve au début d’un livre, elle précise et donne un sens particulier à la prière qui va suivre. Elle introduit la prière eucharistique, c’est-à-dire la prière d’action de grâce. Celle-ci est essentiellement trinitaire puisqu’adressée au Père par l’intercession de son Fils.

L’Esprit Saint n’est pas oublié pour autant. Structurée autour du récit de l’institution de l’eucharistie, la prière eucharistique est encadrée de deux invocations à l’Esprit Saint appelées épiclèses. L’une sur le pain et le vin, l’autre sur l’assemblée, toutes deux demandent sa venue toute particulière.

La prière eucharistique se conclut solennellement en précisant bien le rôle de chacune des personnes de la Trinité : Par lui (c’est-à-dire le Fils) avec lui et en lui, à toi Dieu le Père… dans l’unité du Saint-Esprit… tout honneur et toute gloire!

La célébration se poursuit avec le rite de communion introduit par la récitation ou le chant du Notre-Père et par un signe de paix. Ce sont là deux gestes bien caractéristiques de ceux et celles qui se reconnaissent disciples du Christ. Suit le partage du pain eucharistique accompagné du chant de l’Agneau de Dieu préparant à la communion. Le Christ ressuscité se fait alors nourriture pour ceux et celles qui veulent bien tendre la main.

L’envoi en mission

Enfin vient le quatrième temps et non le moindre malgré sa brièveté. C’est l’envoi. Le président dira : Allez dans la paix du Christ… Mais cet envoi est aussi celui d’une invitation à la mission. Ne sommes-nous pas les porteurs de paix et les témoins dont il a besoin? Nous aurons l’occasion d’y revenir

Les trois présences

Les familiers de l’eucharistie savent que loge en son cœur une présence toute particulière, celle du Christ ressuscité. Une toute première – car elle n’est pas la seule – est la présence du Christ dans le pain et le vin eucharistique.

S’appuyant sur les Écritures, on parle même de « présence réelle » pour la désigner. Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie… (Jn 6,51). Ceci est mon corps … (Mt 26,26). Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ?… (1 Cor 10,16).

D’abord une nourriture

Mais ici des précisions s’imposent. Il ne faut pas imaginer une présence « locale » du Christ même si celle-ci est bien réelle. Elle n’est pas là pour réduire la réalité du Christ.

La « présence réelle » est toujours à relire dans la perspective du repas fraternel qui l’a engendrée. Le Christ réellement présent dans le pain eucharistique est une nourriture véritable et un pain de communion. Ce n’est pas un en-soi. Le pain eucharistique n’est pas d’abord là pour être regardé, promené ou encensé, il est là pour être mangé en commun.

Ici la leçon de Paul est convaincante d’autant plus qu’elle ouvre sur une autre présence tout aussi réelle. Un jour il a maille à partir avec ses Corinthiens au sujet de l’eucharistie. Ils ne savent pas discerner le corps du Christ (1 Cor 11,17-33).

Pour Paul ce corps a une double dimension : d’abord celle du Christ lui-même réellement présent dans le pain et le vin partagé, mais aussi celle du corps ecclésial, car pour lui le repas du Seigneur est aussi le signe et le révélateur de la présence du Christ. Pour Paul, le Ressuscité est tout aussi réellement présent dans la communauté rassemblée que dans le pain et le vin eucharistiques. Les reproches et les recommandations éthiques de Paul obligent à regarder de ce côté.

La présence du Christ ne peut se réduire au pain eucharistique

Ainsi la réelle présence du Christ ne peut se réduire au pain eucharistique. La communauté rassemblée qui donne à l’Église un visage bien concret, est-elle aussi un signe efficace de la présence du Christ. Elle donne de le voir, de le rencontrer et de s’en nourrir. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis là au milieu d’eux… (Mt 18:20). Cette présence est aussi bien réelle!

Sans oublier la Parole proclamée

Par ailleurs, il est une troisième présence tout aussi réelle, mais qu’on a peut-être tendance à négliger tant la présence réelle de l’eucharistie occupe tout l’espace. C’est celle de la Parole. Une page d’évangile proclamée avec foi redonne vie à la parole du Christ. Mieux, elle le rend présent, réellement présent. Ici aussi, il y a tout un travail de redécouverte de la parole proclamée comme signe et sacrement de la présence, une présence bien réelle.

Trois présences – trois lieux – trois meubles

Il faut se rappeler qu’à l’eucharistie, le Christ se donne d’être présent sous trois formes. Sa réelle présence nous est donnée sous la forme du pain et du vin consacrés devenus corps et sang du Christ. Mais elle n’est pas la seule, l’assemblée en est un signe efficace, tout comme la Parole proclamée.

Or l’accueil et la reconnaissance de ces trois présences donnent à nos lieux de culte leur forme particulière et commandent un mobilier directement ordonné à leur mise en valeur. Dans une église ou une chapelle bien aménagée et qui ne souffre pas du trop fréquent encombrement des sanctuaires, trois lieux sont donc repérables.

Une table

Un premier, certes le plus noble, est le lieu du mémorial proprement dit. Il occupe la place d’honneur. C’est là que l’on trouve la table eucharistique. C’est d’abord et avant tout une table puisque là se célèbre le repas du Seigneur, comme l’appelle si justement saint Paul.

Mais comme avec les siècles la dimension sacrificielle de l’eucharistie a eu tendance à s’imposer et à occuper une place prépondérante, cette table porte souvent le nom d’autel. Elle est par excellence le signe du don du Christ.

Puisqu’elle évoque sa présence, la table eucharistique est entourée d’un grand respect. On s’incline devant elle et le président la baise à l’arrivée et au départ.

Un ambon

Un deuxième lieu est celui de la proclamation de la Parole dont le meuble caractéristique est l’ambon. L’origine de son nom est obscure.

On croit généralement qu’il vient d’un verbe grec « alambano » qui veut dire monter, au sens de s’élever pour être vu et entendu. Il dit déjà toute l’importance de la fonction du lecteur ou de la lectrice car ils donnent de rendre vie au textes sacrés.

Rappelons-nous que la proclamation de l’évangile rend le Christ présent. La Parole y est commentée sous la forme d’un entretien familier appelé homélie mot venu du grec « homelia » qui veut dire « conversation ».

L’ambon a lui aussi quelque chose de sacré mais il ne faut pas le confondre avec la chaire. Cette dernière n’est plus en usage. Elle est apparue dans les églises après le concile de Trente quand on exigea que le catéchisme y fut enseigné tous les dimanches. Ce meuble rappelle ceux qu’on trouvait autrefois dans les universités, d’où son nom.

Un siège

Enfin dans un espace cultuel d’ailleurs essentiellement destiné à accueillir une assemblée en prière, un lieu plus spécifique marque cette fonction, c’est celui de la présidence. Il ne s’agit pas d’y trouver un trône, mais bien un siège, le siège présidentiel. Il signifie qu’une assemblée est convoquée et rassemblée par quelqu’un.

Certes c’est le Christ qui convoque et rassemble, mais la personne qui préside au rassemblement est là pour le signifier.

Des gestes qui disent la foi

Quand on se retrouve dans un lieu de culte, plus précisément pour y célébrer l’eucharistie, des gestes sont posés et des attitudes sont prises. En mesure-t-on toujours le sens et la portée? Par eux et à travers eux, nous disons la foi qui est nôtre.

Le signe de la croix

Le premier et sans doute le plus familier de ces gestes est le signe de la croix. Souvent nous le posons en arrivant à l’église en nous signant avec un peu d’eau puisée dans des vasques généralement disposées près de l’entrée. Ce geste est un rappel de notre baptême.

Incidemment, quand un petit arrive à l’église pour son baptême, c’est le tout premier geste qui est posé sur lui. C’est surtout le premier geste qui est confié à ses parents, à ses parrains et marraines qui auront à lui apprendre.

Le signe de la croix ouvre toujours nos célébrations. Ce geste nous identifie et dit clairement au nom de qui nous sommes rassemblés.

Mais d’où vient cette pratique du signe de la croix, cette croix tracée sur nous par quelqu’un ou par nous même? Dès le 2e siècle sa présence est attestée. À l’origine il s’agit d’abord d’une petite croix tracée sur le front des catéchumènes. Le signe est donc en lien direct avec le baptême. Saint Augustin avec sa langue colorée dira que c’est la marque des soldats du Christ.

À partir du 8e siècle, dans les Églises byzantines d’abord, puis dans l’ensemble des Églises de la chrétienté, le large signe tracé sur nos corps qui nous est si familier se généralise. Il s’accompagne alors d’une profession de foi en la Trinité. Le signe de croix exprime ce qui constitue le cœur et l’ossature de la foi. Il en offre comme un condensé. Posé avec foi et respect, le signe de la croix est aussi une manière toute simple mais combien expressive de prier.

L’imposition des mains

Un autre geste souvent utilisé est celui de l’imposition des mains. On le retrouve dans la célébration de tous les sacrements. Pour les chrétiens, il s’agit là d’un signe de bénédiction, de guérison ou de consécration.

Le geste est bien connu tant dans le Premier que dans le Nouveau Testament. Il est généralement associé à un don. Dans l’évangile on voit souvent Jésus toucher les malades en leur imposant les mains. Ils retrouvent ainsi la santé. L’Esprit Saint est donné en imposant les mains.

Cependant, le geste des deux mains tendues et posées sur le pain et le vin à l’eucharistie, sur le prêtre ordonné, le confirmé, le pénitent, le couple qui reçoit la bénédiction nuptiale, le baptisé ou le malade qui recevra l’onction, a ceci de particulier qu’il évoque le vol d’une colombe.

Le geste solennel de l’imposition des mains n’est pas alors sans rappeler que l’Esprit du Ressuscité est invoqué et rendu présent. C’est lui qui sanctifie et consacre.

Prier avec son corps

Dans la prière chrétienne tout le corps est sollicité. Il en est ainsi lorsque nous célébrons l’eucharistie. Le fait d’être à genoux, debout ou assis nous est familier. Ces attitudes les plus fréquentes aident tout notre être à entrer en prière. Chacune a une fonction particulière.

Ainsi être à genoux est l’attitude par excellence du pécheur. Dans l’agenouillement on s’abaisse le temps de reprendre cœur. Mais c’est aussi celle de la prière personnelle ou de l’adoration (le sens est d’ailleurs le même puisque le mot vient du latin ad-orare et veut dire prier vers…)

Par ailleurs l’attitude première d’une assemblée qui célèbre l’eucharistie est d’être debout. C’est la posture naturelle de celui qui rend grâce. Elle invite tout naturellement à la louange.

Pour l’écoute, afin de la favoriser, l’assemblée est assise, mais avec tout de même une exception. L’accueil de l’Évangile se fait debout. Une Bonne Nouvelle n’invite-t-elle pas à la louange et aux joyeuses acclamations? C’est tout spontanément qu’une assemblée devrait se lever quand retentit le chant de l’alléluia.

Une pratique mise à mal dans certains milieux

Communier dans la main, quoi de plus naturel! Quand on porte à sa bouche avec respect le pain consacré, on croit entendre le « Prenez et mangez » de Jésus. Pourtant cette pratique qui nous vient des origines a souvent été mise à mal. Elle l’est encore aujourd’hui dans certains milieux où l’on s’est convaincu que la pratique de communier directement sur la langue est plus respectueuse. Ce n’est certes pas le point de vue du ministre qui distribue l’eucharistie, sans compter les inévitables problèmes d’hygiène publique.

Une tradition bien établie

La tradition de la communion dans la main – puisqu’il faut parler de tradition – est clairement attestée dans la littérature des premiers siècles. Il n’est que de consulter les catéchèses d’Augustin, d’Ambroise de Milan, de Jean Chrysostome, de Théodore de Mopsueste ou de Cyrille de Jérusalem.

À titre d’exemple, ce dernier rappelle à ceux qui se présentent pour la première fois à la communion: « Ne t’avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts écartés : mais fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisqu’elle doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main, reçois le Corps du Christ, disant ‘Amen’ ».

Ailleurs on parlera d’une symbolique qui s’établit entre les mains qui accueillent le Sauveur et la crèche de Bethléem. Il n’est pas inutile de rappeler qu’une décision du Concile In Trullo tenu à Constantinople en l’an 692 en présence de plus de 200 évêques l’affirme clairement : «On doit recevoir la sainte communion sur les mains tenues en forme de croix… » (Canon 101).

Un discrédit injustifié

Voilà qui donne à réfléchir. Mais alors pourquoi s’est-on éloigné d’une prescription aussi précise? La communion dans la main disparaît en Occident à partir des Xe-XIe siècles. Deux facteurs seraient ici en cause.

D’un côté on voit s’opérer une nette distanciation entre le peuple et la pratique de la communion. Ce serait alors progressivement introduit la pratique de la communion sur la langue. Mais ce serait davantage la mise en place d’un nouveau rite lors de l’ordination des prêtres qui serait responsable de ce changement.

Depuis le VIIIe siècle, estimant qu’elles sont destinées à toucher le corps du Christ, les mains du prêtre sont consacrées par une onction d’huile. Elles reçoivent ainsi une dignité nouvelle, mais du coup, celles des fidèles se sont retrouvées nettement discréditées, et cela bien injustement.

Une restauration

À Vatican II, les Pères conciliaires ont voté à la quasi-unanimité non pas une réforme de la liturgie, mais bien sa restauration dans l’esprit de la grande tradition. C’est donc tout naturellement que l’on a redécouvert la communion dans la main et que son usage fut restauré. N’est-il pas geste plus noble et respectueux que de communier en recevant dans ses mains posées l’une sur l’autre – en forme de croix – le Corps du Christ devenu Pain de vie et nourriture pour la vie éternelle.

Allez…

À la toute fin de l’eucharistie, le président trace une grande croix sur l’assemblée et les participants font de même sur leur corps, comme à l’entrée, redisant bien le caractère identitaire du signe de croix.

Puis les dernières paroles sont adressées sous forme d’une consigne: « Allez…! Allez dans la paix du Christ! ».

Autrefois on le faisait en latin en chantant: « Ite, missa est ! » ce qui veut dire « Allez, la messe est dite ». On soignait même le « Ite », le « Allez » en le vocalisant comme pour lui donner encore plus d’importance.

L’eucharistie, une source propre à irriguer le quotidien

Mais était-il vraiment nécessaire de signifier à l’assemblée que le culte était terminé? Pas plus qu’hier qu’aujourd’hui, d’autant plus que rien n’est terminé. En fait, le mot important à retenir est le « Allez… ! » au sens d’un envoi car il s’agit bien d’un envoi. Toute eucharistie comporte un après, un lendemain.

Si, pour reprendre l’adage popularisé au Concile l’eucharistie est « source et sommet de la vie chrétienne », on a souvent tendance à ne retenir que le côté « sommet ». Lorsqu’il est atteint, tout semble complet. Sans plus, on se revoit la semaine suivante. Pourtant l’eucharistie est aussi et peut-être davantage une « source » propre à irriguer le quotidien tant des individus, que des communautés. Elle engendre et nourrit les lendemains…

L’eucharistie comporte une dimension éthique

Cet « Allez », cet envoi, est à entendre comme un ordre de mission, comme si on disait : « Allez ! Le monde compte sur vous! Le monde a besoin de vous! »

L’eucharistie est une école de partage et de communion, un lieu merveilleux d’apprentissage à la solidarité.

D’ailleurs la pratique de l’eucharistie – comme toute pratique liturgique – implique une dimension éthique incontournable. Elle devrait – du moins en principe – déboucher sur une action ou sur des manières d’être.

L’oublier conduit les gestes de pratique à se refermer sur eux-mêmes, ce qui risque de réduire l’eucharistie à une simple dévotion personnelle.

Une invitation à se compromettre

C’est dans l’après que se vérifie la qualité et la vérité de la prière.

À la prière universelle le président invite l’assemblée à élargir ses préoccupations à la grandeur du monde sans oublier les préoccupations concrètes de la communauté.

Cette démarche est déjà porteuse d’un engagement – mieux d’une compromission – celle-là même qui se donne à entendre dans l’ordre de mission qui vient clore le rassemblement.

Deviens ce que tu as reçu !

Saint Augustin qui avait le sens de la formule disait : « Deviens ce que tu as reçu ». Or la nourriture partagée à l’eucharistie est bien le Corps du Christ.

Le recevoir c’est accepter de se laisser transformer personnellement et communautairement par cette présence.

C’est devenir comme lui solidaire de ses frères et soeurs. Voilà bien tout le sens de cet après qui nous attend au sortir de la messe.

8
nov 2017
Posté dans Archives 2017 par Patrice à 8:34 | Pas de réponses »

Une courte définition de « sacrement »

L’Église catholique reconnaît sept sacrements qui s’appuient sur des gestes du Christ : le baptême, l’eucharistie, la réconciliation, la confirmation, le mariage, l’ordre, l’onction des malades.

Un sacrement est le signe visible du don de Dieu. Les sept sacrements sont porteurs de « grâce » c’est à dire qu’ils aident le chrétien à vivre, à avancer sous le regard de Dieu, dans l’état qu’il a choisi. Du latin sacramentum, lui même traduction du terme grec mustérion, le mot sacrement signifie à l’origine « mystère ». Un sacrement célèbre pour toujours le don de Dieu, qui nous reste fidèle malgré nos infidélités.

Les sacrements

bapteme nouveau-né par Benoît XVI

« Comme être social, l´homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de même pour sa relation à Dieu. » (Catéchisme de l´Eglise catholique, n° 1146)

Ainsi les sacrements sont des signes visibles du don gratuit de Dieu (la grâce), qui permettent aux hommes de prendre conscience de la présence de Dieu au milieu d´eux. Ce sont des actes d’alliance qui unissent au Christ par l’action de l’Esprit Saint, relient les hommes à Dieu et à leurs frères par le plus intime d’eux-mêmes et incorporent dans l’Eglise.

Tout sacrement comporte trois dimensions :

  • un signe, ce que l´on voit;
  • une parole, ce que l´on entend;
  • un symbole, ce que le signe et la parole expriment.

Le concile Vatican II exprime l’action du Christ dans la célébration des sacrements : « Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise » (Constitution Sacrosanctum, n° 7). Ainsi le sacrement est un «événement de salut» dans lequel le Christ lui-même agit et nous rejoint dans des situations particulières de notre vie.

En marquant les moments les plus décisifs de la vie humaine, les sept sacrements manifestent que c’est toute notre existence, dans ses différentes étapes, qui est appelée à être vécue avec le Christ :

• Les trois sacrements de l’initiation chrétienne : BaptêmeConfirmation et Eucharistie permettent d’entrer dans le mystère du Christ mort et ressuscité et de grandir dans la foi.
• Les sacrements de guérison : Réconciliation et Onction des malades ouvrent un chemin d’espérance.
• Les sacrements de l’engagement : L’Ordre et le Mariage consacrent des cheminements de vie baptismale.

Les sacrements sont une force qui permet d’aimer et de « porter du fruit » dans tous nos lieux de vie. Ils communiquent la vie divine, réalisant notre vocation de fils du Père, frères en Jésus Christ, animés du souffle du même Esprit !

8
nov 2017

Eucharistie

L’Eucharistie (en grec ancien εὐχαριστία / eukharistía, « action de grâce ») est un sacrement chrétien. Elle occupe une place centrale dans la doctrine et la vie religieuses de la plupart des confessions chrétiennes. Alors que les catholiques parlent d’eucharistie, le terme de sainte cène est généralement utilisé par les protestants pour désigner le même rite.

L’origine de ce rite est commun à toutes les dénominations chrétiennes : selon le Nouveau Testament, particulièrement la Première épître aux Corinthiens et les Évangiles synoptiques, il fut institué par Jésus-Christ, qui, la veille de sa Passion, distribua du pain et du vin aux apôtres en leur disant : « Ceci est mon corps… Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang… Faites ceci en mémoire de moi. »

Les catholiques et les orthodoxes décrivent l’Eucharistie comme une véritable « actualisation », non sanglante, du sacrifice du Christ en vue du salut, par le ministère du prêtre. De leur côté, les protestants s’y refusent, considérant que cela diminue la dignité du sacrifice de la Croix[1],[2] et affirmant que le texte biblique ne soutient pas la théorie de la transsubstantiation enseignée par l’Église catholique. Les luthériens emploient le terme de consubstantiation. Chez les chrétiens évangéliques, on parle d’un mémorial du sacrifice de Jésus-Christ et d’une annonce de son retour.

Dans le catholicisme, l’Eucharistie est célébrée au cours de la messe et constitue le point culminant de la liturgie car elle présente plusieurs dimensions : action de grâce et louange adressées à Dieu le Père, mémorial de la Passion, de la mort et de la résurrection de Jésus qui se donne en sacrifice pour le salut des hommes, célébration de la présence réelle du Christ dans l’eucharistie, ressuscité et vivant, par la puissance du Saint-Esprit, et partage des éléments eucharistiques – le pain et le vin – qui dans la célébration deviennent, pour les catholiques, le corps et le sang du Christ, offert en sacrifice sur la croix et ressuscité. Les conceptions protestantes sont en écart parfois très net avec celle du catholicisme.

 

 

Terminologie

À l’eucharistie on a donné « divers noms, par exemple: le repas du Seigneur, la fraction du pain, la sainte cène, la cène, la sainte communion, la divine liturgie, la messe »[3].

Le terme le plus antique est la « fraction du pain », étant employé trois fois dans le Nouveau Testament[4], et en plus quinze fois comme verbe[5]. Ce geste rituel du repas juif est dès ce moment entendu en un sens chrétien, comme un renvoi à la Cène[6].

L’eucharistie est aussi communément appelée « communion » au corps du Christ[7].

L’eucharistie est aussi appelée le « Saint-Sacrement », étant elle le sacrement par excellence, et ce terme est employé, par métonymie, pour désigner le pain et le vin consacrés qui deviennent respectivement le corps et le sang du Christ et qui s’applique particulièrement aux hosties consacrées conservées dans le tabernacle ou exposées à l’adoration eucharistique des fidèles dans un ostensoir[8].

Le même mot « eucharistie » peut donc recouvrir plusieurs significations : la messe en tant que célébration, la communion, c’est-à-dire le fait de recevoir et consommer une hostie consacrée, le Saint-Sacrement, c’est-à-dire les hosties consacrées elles-mêmes, et l’action de grâce, c’est-à-dire le fait de remercier Dieu, tout particulièrement après la communion. L’utilisation de ces différents termes plus spécifiques diminue les risques de confusions.

Histoire

Origines et fondements bibliques

Article détaillé : Récit de l’institution.
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Représentation de la Cène.

Le dernier repas de Jésus, appelé la Cène, est mentionné dans les trois Évangiles synoptiques, c’est-à-dire celles selon Matthieu, Marc et Luc. Il est également présent dans la Première épître aux Corinthiens[9],[10],[11]. C’est pendant ce repas que Jésus institue l’eucharistie : en prenant du pain il dit : « Ceci est mon corps »; en prenant la coupe il dit : « Ceci est la coupe de mon sang »; et il demande à ses disciples de faire cela en sa mémoire. De son côté, l’Évangile selon Jean, qui mentionne ce repas (Jn 13,2.23), ne fait allusion qu’ailleurs à la célébration eucharistique des chrétiens de l’Église primitive, particulièrement dans le chapitre 6 où un discours de Jésus sur le pain de la vie est rapporté, mais aussi dans d’autres passages[12].

Ainsi, dans la tradition chrétienne, l’eucharistie fut instituée par Jésus-Christ le soir du Jeudi saint au cours d’un repas qui, selon les synoptiques, était un repas pascal, mais qui, selon l’Évangile de Jean, fut célébré le jour avant la fête juive de Pessa’h[13],[14],[15].

Eucharistie dans l’Église primitive

Article connexe : Église primitive.

Le repas eucharistique est répété par le Christ ressuscité devant les pèlerins d’Emmaüs et la fraction du pain devient une pratique régulière de l’Église primitive.

Le Didachè est un document du christianisme primitif qui inclut des instructions sur le baptême et l’Eucharistie. Il est daté de la fin du Ier siècle et fait la distinction entre deux traditions eucharistiques distinctes[16].

Autres origines

Pour Étienne Nodet et J. Taylor, l’origine du baptême et de l’eucharistie « se rattache aux Esséniens, chez qui le baptême sanctionne un parcours d’initiation, et dont le geste communautaire essentiel est un repas eschatologique où domine le pain et le vin, mais en quantité symbolique[17]. ». Cependant Simon Claude Mimouni estime que l’hypothèse tendant à voir dans l’essénisme l’origine idéologique du christianisme – reprise par certains chercheurs dont Nodet et Taylor – « ne mérite guère d’être prise en considération » car, selon lui, « elle ne repose sur aucune source »[18].

Aspect sacramentel et liturgique de l’Eucharistie

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Exposition du Saint-Sacrement à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg lors de la Fête-Dieu le 2 juin 2013.

La célébration eucharistique superpose généralement trois aspects importants de la vie spirituelle :

  • Selon la doctrine catholique, le caractère propre de la messe réside dans l’actualisation du sacrifice du Christ accomplie par un prêtre. C’est par la messe que l’Église répond à l’ordre du Christ, « faites ceci en mémoire de moi », et rend manifestement présente dans le monde la présence éternelle de ce sacrifice.
  • Le cadre général est celui d’un moment de prière collective, comme le sont les offices de la liturgie des heures. À ce titre, l’assemblée prie et chante, et entend lectures et commentaires.
  • Enfin, la messe est l’occasion d’administrer aux fidèles qui y assistent un sacrement, le sacrement de communion. C’est au sens strict ce sacrement que désigne le mot « eucharistie ».

Mémorial du sacrifice du Christ

Cette liturgie a pour finalité de manifester, concrètement et dans l’instant présent, la présence éternelle du sacrifice du Christ. La messe, en tant que célébration liturgique, peut se définir comme étant la participation de l’Église au sacrifice rédempteur de la nouvelle et éternelle Alliance, que le Christ offre à son père, dans la consécration du pain en son corps et du vin en son sang.

En évoquant cette présence du Christ éternel, la messe catholique est célébrée Ad laudem et gloriam nominis sui, ad utilitate quoque nostram, totiusque ecclesiae suae sancte (« Pour la louange et la gloire de son nom, pour notre bien, et celui de toute sa sainte église ») : comme une action de grâce et de louange à Dieu, qui a sa légitimité propre, mais également comme offrande propitiatoire, c’est-à-dire qui permet d’introduire les demandes de l’assemblée auprès de Dieu, d’une manière qui lui rappelle son engagement à agir favorablement pour le salut spirituel de son peuple.

Consécration

Article détaillé : Récit d’Institution.

Les Évangiles synoptiques rapportent le récit d’Institution. Au sein de plusieurs confessions religieuses, dont l’Église catholique, ce récit est prononcé par le prêtre ou le pasteur lors de toute célébration eucharistique. Ce récit est composé des paroles suivantes :

La nuit même où il fut livré, il prit le pain, et en rendant grâce il le bénit, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. »
De même, à la fin du repas, il prit la coupe (le Saint Calice), et en rendant grâce il la bénit, et la donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. »

Dans la messe catholique, l’actualisation du sacrifice se traduit par la consécration du pain et du vin, qui deviennent le corps et le sang du Christ ; cette transformation porte le terme de transsubstantiation (le pain et le vin changent de substance et non de nature). Sur le plan liturgique, la messe trouve son accomplissement dans le mémorial eucharistique et la prière d’épiclèse, son sommet dans la doxologie finale accompagnée de l’élévation, et sa conclusion dans la communion sacramentelle du célébrant aux deux espèces, de sorte que, par cette dernière, l’Église reçoive la communication du Saint-Esprit en vue de l’édification de son unité par la rémission des péchés.

Toutefois, le récit de l’Institution est absent dans le rite de l’Église assyrienne d’Orient lorsque est fait usage de l’anaphore d’Addaï et Mari[19] ou dans les rites décrits dans la Didaché[20] et dans la Première Apologie de Justin[20].

Communion

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L’Eucharistie par Pietro Antonio Novelli (1779) : distribution de la communion en dehors de la messe, comme cela se faisait souvent avant le concile Vatican II.

Le sacrement de l’eucharistie est appelé aussi la communion[21], parce que les fidèles sont conviés à partager le corps et le sang du Christ sous la forme du pain et du vin. Il ne peut pas y avoir de messe sans communion, puisque le prêtre communie nécessairement, mais la communion des fidèles n’est pas obligatoire. Inversement, la communion est possible en dehors de la messe (par exemple, pour les malades), mais les espèces sont nécessairement consacrées au cours d’une messe.

Ainsi on distingue la communion de l’eucharistie : l’expression de « ministre de l’Eucharistie » ne peut être attribuée d’une manière appropriée qu’au seul prêtre, mais le diacre et même des laïcs peuvent être des « ministres de la sainte communion »[22].

L’eucharistie est un sacrement, autrement dit le signe visible d’une réalité spirituelle : l’effet que la Passion du Christ a produit dans le monde, le sacrement de l’eucharistie le produit dans l’homme. D’après la doctrine, l’eucharistie nourrit et fait grandir dans le fidèle suffisamment disposé les « vertus théologales », c’est-à-dire celles dont la croissance ne dépend pas de l’action de l’homme, mais de l’œuvre de Dieu : la foi, l’espérance et la charité.

Aspects pratiques

Dans les liturgies d’Occident (et contrairement aux liturgies orientales, qu’elles soient catholiques ou orthodoxes), l’hostie qui est consacrée est un pain fait de farine de blé sans levain. Aussi, les hosties se conservent bien et prennent peu d’espace. Depuis plusieurs siècles, l’Église catholique utilise du vin blanc, le vin rouge risquant de tacher les linges blancs[23].

La communion est valable sous l’une ou l’autre des espèces, ou sous les deux, et peut toujours être effectuée sous chacune de ces trois formes. Concrètement, pour des raisons pratiques, la communion se limite usuellement au pain, sous forme d’hostie. La communion au sang du Christ, sous forme de vin, est plus compliquée et soulève des questions d’hygiène (boire avec le calice les uns après les autres). Il existe aussi la communion par « intinction », pour laquelle le prêtre trempe une partie de l’hostie dans le « précieux sang » et dépose aussitôt cette hostie sur la langue du communiant. La communion sous l’« espèce » (sous la forme, l’apparence) du vin est rétablie pour les fidèles dans certaines cérémonies à caractère particulièrement exceptionnel (mariage, confirmation, etc.).

Après la communion, le prêtre doit finir le vin consacré, et procéder à une purification des récipients vides pour en éliminer les traces de matière consacrée. S’il reste des hosties, elles peuvent être placées dans un ciboire recouvert enfermé dans le tabernacle. Excepté dans une petite boîte (la custode réalisée généralement dans un métal précieux) spéciale pour la communion des malades ou le Saint-Sacrement destiné à l’adoration, il est rigoureusement prohibé de faire sortir une hostie consacrée de l’église où elle se trouve. Si le prêtre ne peut placer les hosties consacrées dans le tabernacle, il faut qu’il les consomme (ou les fasse consommer à des fidèles).

Aspect théologique de l’eucharistie

Le pain de vie dans l’Évangile

L’Eucharistie est à la fois un sacrement et un sacrifice. Le « Discours du Pain de Vie » (Évangile selon Jean, 6, 30-40) indique la signification et l’importance de l’Eucharistie dans la vie chrétienne :

Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif ».

L’Eucharistie est à la fois un repas, commémorant la Sainte Cène du Jeudi Saint et anticipant le « banquet des noces de l’Agneau » promis dans le livre de l’Apocalypse — et, pour les catholiques, les orthodoxes, les églises anglicanes, et luthériennes, le mémorial ou l’actualisation de l’unique sacrifice du Christ, qui a offert son corps et versé son sang sur la croix.

Transsubstantiation, consubstantiation, présence spirituelle

Articles détaillés : Présence réelle et Présence pneumatique.

Lisant les paroles de l’institution à la lumière du discours du pain de vie, les Églises catholiques et orthodoxes professent la présence réelle du Christ, en son corps et son sang, sous les apparences (« espèces ») du pain et du vin, la Transsubstantiation.

Les luthériens parlent de Consubstantiation, ce qui implique la présence corporelle du Christ dans le sacrement. Cette présence corporelle est rendue possible par la descente du corps glorifié dans les éléments mais n’implique pas de transformation des espèces en chair et en sang[24]. Par ailleurs, Luther rejette l’idée d’un sacrifice inhérent à l’eucharistie qui est pour lui une action de grâce, un acte joyeux et reconnaissant où le pain et le vin ne portent pas la présence du Christ[25]

Les protestants réformés, disciples de Calvin, estiment que ces notions de présence corporelle constituent « une grande erreur de l’Église catholique (…), une confusion grave entre le signe et la chose signifiée », qui « trahit un manque de foi » : « parce que l’on ne croyait plus au miracle de la foi saisissant le Christ et la réalité spirituelle, on a voulu le faire descendre dans les éléments de la sainte Cène, de façon magique et matérielle. On a cherché à toucher le Christ, ne pouvant monter au Ciel pour l’atteindre. (…) On s’est arrêté à l’élément corruptible : on en a fait une idole. »[24] Pourtant Calvin affirme, comme les catholiques et les luthériens, l’union réelle et substantielle du croyant avec le Christ lors de l’eucharistie. Il affirme la présence réelle de Jésus de manière spirituelle dans l’assemblée lors de la Cène : « Si le Christ est présent réellement au milieu de nous, par sa vertu divine, il devient véritablement fondement et substance de la sainte Cène. Et c’est là tout ce qui fait la valeur du repas eucharistique. Si l’Église chrétienne a conservé, comme un trésor, au travers des siècles, la Cène du Seigneur, si celle-ci reste, malgré toutes les déformations dont elle a été l’objet, le centre du culte, c’est qu’elle apporte aux croyants une nourriture efficace et qu’elle est pour eux une raison de vie nouvelle. »[24]

De manière beaucoup plus radicale, Zwingli, et aujourd’hui une bonne partie des évangéliques, considèrent que sacrifice du Christ a eu lieu une fois pour toutes et l’eucharistie n’en est que le mémorial[26].

Historique et controverses

Au Moyen Âge

La question de la « présence réelle » du corps et du sang du Christ est soulevée dès le Moyen Âge. Les réalistes, qui défendent cette idée (comme Paschase Radbert dans son De partu Virginis) se voient opposer les résistances des symbolistes (comme Ratramne de Corbie).

Le débat se durcit au XIe siècle. Bérenger de Tours affirme, en se référant à saint Augustin, qu’une présence « intellectuelle » s’ajoute au pain et au vin sans se substituer à eux[27]. Il trouve l’opposition de théologiens comme Lanfranc de Pavie (vers 1010-1089) et Hildebert de Lavardin (1056-1133) [28], qui défendent l’idée d’un changement de substance : la « transsubstantiation » telle qu’on l’appelle à partir du XIIe siècle.

Au IVe concile de Latran (1215), la présence réelle est pour la première fois proclamée lors d’un concile, sous la forme du dogme de la transsubstantiation, en employant le terme aristotélicien de substance. Thomas d’Aquin précise le dogme dans sa Somme Théologique.

Au XIIIe siècle naît la fête du « Corps du Christ » ou « Saint-Sacrement ». L’office en est composé par Thomas d’Aquin, et alors seulement est généralisée la pratique d’élever l’hostie et le calice pour les montrer aux fidèles. Cette place croissante se traduit aussi dans les hérésies, par l’excès (hosties magiques) comme par la contestation (pétrobusiens, cathares, lollards, hussites).

Au moment de la Réforme

Le concile de Trente a réaffirmé pour l’Église catholique le dogme de la transsubstantiation, en réaction contre les thèses protestantes qui étaient discutées à cette époque. Ce concile précise :

« Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » »[29]

Au moment de la Réforme protestante, l’aspect sacrificiel de la messe a été rejeté par certains réformateurs. Le dogme a été contesté et la célébration dominicale a pris un sens plus ou moins différent dans les diverses confessions protestantes. D’autres, comme Laurentius Petri (Suède) et Thomas Cranmer (Angleterre) l’ont bien conservé et enseigné.

Les luthériens ont gardé l’essentiel de la liturgie catholique mais ont redéfini le dogme[30], parlant de consubstantiation (sous l’apparence du pain et du vin, il y a simultanément la réalité du corps du Christ et du pain, respectivement du sang du Christ et du vin).

À la suite de Zwingli notamment, les premiers réformés ont contesté plus radicalement la messe, l’eucharistie, n’y voyant qu’un geste symbolique ; dès lors, la lecture et l’explication de la Parole de Dieu (la Bible) prit une place beaucoup plus centrale dans la célébration dominicale. La « Sainte Cène » (du grec κοινός / koinos, « commun », d’où : repas pris en commun ou du latin cena, repas du soir) n’est pas célébrée tous les jours, ni même tous les dimanches.

Jean Calvin, pour sa part, et les Églises réformées et évangéliques qui le suivent, confessent dans le sacrement la présence réelle du Christ qui le préside, mais sur un mode spirituel (par l’action du Saint-Esprit) et non pas matériel. Les Églises réformées, de nos jours, ont augmenté la fréquence de la célébration de la Cène et certaines tendent vers une célébration hebdomadaire.

Les Églises héritières de la Réforme protestante affirment généralement l’historicité de leur position, s’appuyant sur Béranger de Tours ou Ratramne de Corbie[31].

Eucharistie et œcuménisme aujourd’hui

Dans toutes les confessions chrétiennes, on perçoit mieux aujourd’hui le lien avec les traditions juives de reconnaissance envers les œuvres de Dieu, et particulièrement dans les bénédictions pendant le repas, notamment celle du chabbat (pain et vin). Cette origine commune et d’intenses discussions théologiques ont permis de remettre en perspective les pratiques de chacun. Un document essentiel fut publié en 1982, par la commission théologique du Conseil œcuménique des Églises (Foi et Constitution), à laquelle toutes les Églises et communautés chrétiennes participent ; le document s’intitule Baptême, Eucharistie, Ministère[32]

Catholicisme et orthodoxie

Catholiques et orthodoxes partagent la même doctrine au sujet de l’Eucharistie et reconnaissent mutuellement la validité de sa célébration[33] dans l’une et l’autre Église. Il y a des différences dans la liturgie (communion sous une ou sous deux espèces, etc.) et dans les formes de dévotion (processions du Saint-Sacrement : pratique courante dans le catholicisme, non dans l’orthodoxie), ainsi que dans le vocabulaire (les catholiques parlent plutôt de « sacrement », les orthodoxes de « mystère »). L’intercommunion est possible dans les cas de nécessité exprimés dans le canon 844 du droit canon de l’Église romaine.

Réforme

De même chez les protestants, et malgré des divergences secondaires, les réformés et les luthériens sont, en Europe du moins, en pleine communion, et partagent sans problème l’Eucharistie et leurs pasteurs.

En revanche, le désaccord est profond entre les catholiques et orthodoxes d’une part, et les protestants d’autre part, et les termes utilisés n’ont pas toujours la même signification.

Les points de désaccord

La question de la présence réelle (dans le sens où la célébration affecte la substance du pain et du vin, donc plus exactement la question de la transsubstantiation) demeure un point d’achoppement majeur, étayé par des conception divergentes de la prêtrise, avec des conséquences multiples qui rendent inconcevable pour l’Église catholique romaine l’intercommunion entre protestants d’une part et catholiques et orthodoxes de l’autre. Même si la recherche actuelle des théologiens permet d’envisager de nouvelles manières de rendre compte d’un mystère[34], on bute sur des difficultés quasi insurmontables en raison des formulations médiévales héritières de la métaphysique classique. Dans plusieurs pays, les divergences n’empêchent pas des actions communes, ainsi que des prières communes, sans célébration du sacrement de l’eucharistie. La semaine de l’unité en janvier permet chaque année des échanges de chaire entre communautés, des moments de prière en commun, et des rapprochements.

De plus, des divergences au sujet du sacerdoce (sacerdoce ministériel réservé aux hommes ou non, qui doivent être prêtres ordonnés ou non) et de l’organisation ecclésiastique (succession apostolique) élargissent le fossé sur la question de la présidence du sacrement.

Bibliographie

  • Roger Beraudy, Sacrifice et eucharistie. La dimension anthropologique du sacrifice dans la célébration de l’eucharistie, éd. du Cerf, 1997.
  • Eucharistia. Encyclopédie de l’Eucharistie. Sous la dir. de Maurice BROUARD. Paris, Cerf, 2002.
  • Robert Cabié, L’Eucharistie. Paris 1983 (collection L’Église en prière 2).
  • Robert Cabié, L’Eucharistie. Paris 1983 (collection L’Église en prière 2).
  • Della Torre, Luigi (et al.), Théologie et pratique de la Concélébration. Tours: Maison Mame, 1967. N.B.: Trad. de La Concelebrazione, que les Edizioni Queriniana avait publié en italien.
  • Arnaud Join-Lambert, Guide pour comprendre la messe, 250 p. Paris, Mame 2002.
  • Josef Andreas Jungmann, Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine. Trad. revue et mise à jour d’après la 3e éd. allemande. Paris 1952–1956 (collection Théologie 19-21).
  • Pierre Jounel, La messe hier et aujourd’hui. Paris 1986.
  • Ghislain Lafont, Eucharistie. Le repas et la parole. Paris 2001.
  • Enrico Mazza, L’Action eucharistique. Origine, développement, interprétation. Paris, Cerf, 1999 (collection Liturgie 10).
  • René Prophète, Mémoire, Sacrifice, Présence réelle, langages eucharistiques, 276p., Ed. Profac Lyon, 2000.
  • Max Thurian, Le Mystère de l’eucharistie. Une approche œcuménique. Paris 1981 (collection Foi chrétienne).
  • Xavier Tilliette, Philosophies eucharistiques, de Descartes à Blondel, éditions du Cerf, 2006, 180 p., prix Humboldt 2006
  • Renée de Tryon-Montalembert, Pain vivant qui donne la vie : qu’est-ce que l’Eucharistie ?, Téqui, 1998.
  • Maurice Vloberg, L’Eucharistie dans l’art, 2 vol, tome 1 ill. 142p., tome 2 ill. 317p., Ed. Arthaud, 1946.
  • Lee Palmer Wandel, The Eucharist in the Reformation, Cambridge University Press, 2006 (ISBN 9780521856799)

Notes et références

  1. Le chapitre 2 de La messe : présence du sacrifice de la Croix, de Charles Journet, est tout entier consacré à l’analyse de cette opposition.
  2. Voir aussi : Édouard Pache, La Cène selon Calvin, article de la Revue de théologie et de philosophie, 24e année (1936), cahier 101 [1] [archive].
  3. Document Baptême, Eucharistie, Ministère [archive] sur le site du Conseil œcuménique des Églises
  4. Luc 24.35 ; Actes des Apôtres 2.42, 46
  5. Lueur : κλάω [archive]
  6. Daniel Marguerat, Les Actes des apôtres (1-12), Labor et Fides 2007, (ISBN 978-2830912296), p. 104
  7. Charles Perrot, Jésus et l’histoire, Mame-Desclée, 2011 (lire en ligne [archive]), p. 253
  8. Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Éditions CLD (lire en ligne [archive]), Saint-Sacrement
  9. (en) « Eucharist » [archive], sur Encyclopædia Britannica (consulté le 10 juin 2016)
  10. (en) Tyndale Bible Dictionary, 2001 (ISBN 0-8423-7089-7)
  11. (en) Oxford Dictionary of the Christian Church, 2005 (ISBN 978-0-19-280290-3)
  12. (en) Francis Moloney, « A Hard Saying » : The Gospel and Culture, 2001 p. 109–130
  13. Charles Perrot, Jésus et l’histoire, Fleurus, 2011 (ISBN 978-2-71890783-3, lire en ligne [archive]), p. 72–73
  14. Jean Vallette, L’Evangile de Marc, Éditions Olivetan, 1986 (ISBN 978-2-85304069-3, lire en ligne [archive]), p. 202
  15. Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri et André Vauchez, Histoire du Christianisme : Le nouveau peuple (des origines à 250, Fleurus, 2000 (ISBN 978-2-71890727-7, lire en ligne [archive]), p. 20
  16. (en) Bruce Metzger, The canon of the New Testament, 1997
  17. Étienne Nodet et J. Taylor, Essai sur les origines du christianisme, la secte éclatée, Paris, 1998, VII, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 80.
  18. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 241
  19. Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, « Orientations pour l’admission à l’Eucharistie entre l’Église chaldéenne et l’Église assyrienne d’Orient » [archive], 20 juillet 2001
  20. a et b Maurice Jourjon, « Justin : Le Témoignage de la Ire Apologie – Le témoignage du Dialogue avec Tryphon », in Willy Rordorf et al., « L’Eucharistie des Premiers Chrétiens, Beauchesne, 1976, p. 80
  21. Catéchisme de l’Église catholique, no 1328-32 [archive]
  22. Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Instruction Redemptionis Sacramentum sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie, 154–156 [archive]
  23. Pierre-Marie Gy, Le vin rouge est-il préférable pour l’Eucharistie ?, dans : Liturgia et Unitas. Études liturgiques et œcuméniques sur l’Eucharistie et la vie liturgique en Suisse. In honorem Bruno Bürki. Ed. par M. KLÖCKENER – A. JOIN-LAMBERT. Fribourg – Genève 2001, p. 178-184.
  24. a, b et c Édouard Pache, La Cène selon Calvin, article de la Revue de théologie et de philosophie, 24e année (1936), cahier 101 [2] [archive].
  25. « L’ecclésiologie dans le protestantisme, chapitre 15 : La Cène » [archive] par le pasteur André Gounelle.
  26. W. P. Stephens, The Theology of Huldrych Zwingli, Oxford, Clarendon Press, 1986 (ISBN 0-19-826677-4), p. 218 sq.
  27. Dominique Poirel, article « Eucharistie » du Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, PUF, 2002
  28. Hildebert aurait été le premier à utiliser ce terme. cf Oxford Dictionary of the Christian Church (Oxford University Press, 2005 (ISBN 978-0-19-280290-3))
  29. Catéchisme de l’Église catholique, no 1374 [archive]
  30. Annick Sibué, Luther et la Réforme protestante, Paris, Eyrolles, 2011, pages 123-124
  31. Guillaume Bourin, « La doctrine réformée de la Cène est-elle apparue au XVIe siècle ? » [archive], sur www.leboncombat.fr, 29 mai 2014 (consulté le 5 septembre 2014)
  32. Baptême, Eucharistie, Ministère (document de Foi et constitution no 111, « texte de Lima », 15 janvier 1982 [archive]
  33. http://www.sacrosanctum-concilium.org/textes/dc/1971/629/629.php [archive]
  34. Par exemple les catégories de signes et symboles, cf. Arnaud Join-Lambert, Célébrer les sacrements : action et langage prophétique, in : Précis de théologie pratique. Éd. Gilles Routhier – Marcel Viau. Bruxelles – Québec – Paris, 2e éd. augmentée, 2007 (collection Théologies pratiques) p. 551-562

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